

Soliste
Amandine Albisson est l’une des plus pures représentantes de l'école de danse française contemporaine : un alliage parfait de rigueur technique absolue, d’élégance aristocratique et de sensibilité dramatique à fleur de peau. Entrée à l’École de Danse de l’Opéra de Paris en 1999, elle intègre le corps de ballet en 2006 et gravit les échelons de la hiérarchie de l'institution à une vitesse fulgurante, portée par un physique de tragédienne aux lignes infinies et un tempérament de feu sous une grâce de cristal. Sa nomination au rang d’Étoile en 2014 reste un moment d'anthologie à l'Opéra : choisie après avoir incarné pour la première fois le rôle ultra-complexe de Tatiana dans Onéguine, elle a prouvé sa capacité à porter le poids psychologique d'une œuvre entière, passant de l'innocence d'une jeune fille à la maturité douloureuse d'une femme blessée. Le lien avec L'Histoire de Manon : Amandine Albisson est l'une des Manon les plus acclamées de l'Opéra de Paris. Dans la chorégraphie impitoyable de Kenneth MacMillan, elle déploie toute sa palette d'actrice-danseuse. Sa fluidité dans le Pas de deux de la chambre et son abandon total, presque déchirant, dans le Pas de deux du marécage face à ses partenaires fétiches (comme Mathieu Ganio ou Hugo Marchand) incarnent à la perfection l'héroïne de Massenet : insaisissable, sensuelle et tragique. Au-delà des grands ballets du répertoire de Rudolf Noureev, où sa technique d'acier fait merveille (notamment en double rôle Odette/Odile dans Le Lac des cygnes), Amandine Albisson est une muse pour les chorégraphes d'aujourd'hui. Sa curiosité intellectuelle et sa plasticité corporelle lui permettent de passer sans transition des pointes classiques à la danse terrienne et viscérale d'un Angelin Preljocaj (Le Parc) ou d'une Crystal Pite, faisant d'elle l'un des piliers indispensables et les plus aimés de la scène chorégraphique française.
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