
Hamlet
Opéra Bastille · Paris

Soliste
André Heyboer incarne une catégorie vocale aussi rare que précieuse : le véritable baryton-Verdi de l'école française. Doté d'un instrument d'une remarquable amplitude, caractérisé par un timbre chaud, d'un bronze profond et doté d'un aigu d'une vaillance insolente, il possède la puissance physique nécessaire pour affronter les élans héroïques italiens tout en conservant une élégance de ligne et une clarté de diction typiquement hexagonales. Son apprentissage s'est fait sous l'égide de la rigueur et de l'artisanat. En travaillant sa technique de fond, il a développé une voix d'une grande homogénéité sur l'ensemble de la tessiture, capable de passer d'un pianissimo suspendu à des éclats dramatiques foudroyants. Cette polyvalence lui permet de briller dans les rôles de pères nobles, de grands prêtres ou de tyrans torturés qui jalonnent le répertoire du dix-neuvième siècle. L'archéologue du chant français : Parallèlement à ses succès dans les chefs-d'œuvre populaires (son Zurga dans Les Pêcheurs de perles ou son Valentin dans Faust font autorité), André Heyboer est devenu le complice indispensable du Palazzetto Bru Zane. Sa maîtrise stylistique superlative a permis de graver au disque et de faire revivre sur scène des partitions monumentales oubliées comme Le Tribut de Zamora de Gounod, Herculanum de Félicien David, Dimitri de Joncières ou La Reine de Chypre d'Halévy, redonnant ses lettres de noblesse à l'âge d'or du Grand Opéra. Sur scène, l'homme frappe par la noblesse naturelle de son jeu et son intégrité musicale absolue. Qu'il campe un Athanaël fanatique et déchiré dans la Thaïs de Massenet, un Sharpless d'une infinie bienveillance dans Madama Butterfly de Puccini, ou qu'il déploie la fureur vengeresse de Rigoletto, André Heyboer refuse les effets faciles. Il cherche toujours la vérité psychologique du personnage à travers le respect scrupuleux du texte et de la nuance, s'affirmant comme l'une des valeurs les plus sûres et les plus indispensables de la scène lyrique actuelle.