
Turandot
Opéra Bastille · Paris

Soliste
Voix de bronze et d'acier, tragédienne volcanique et monument d'une suprême probité artistique, Anna Pirozzi est considérée comme la plus grande soprano dramatique italienne de sa génération. Dotée d'un instrument d'une ampleur phénoménale, caractérisé par des aigus percutants et un médium richement timbré, elle perpétue la tradition des grandes voix du XXe siècle capables de surmonter les orchestrations les plus denses sans jamais sacrifier la pureté de la ligne de chant. Son parcours d'école, fondé sur la patience et le respect absolu de ses moyens, force le respect de l'ensemble de la profession lyrique. Sur scène, le chant d'Anna Pirozzi déploie une force cinétique herculéenne et une alacrité rythmique d'une absolue netteté. Face aux exigences surhumaines de rôles comme Abigaille ou Turandot, elle fait preuve d'une clarté texturale chirurgicale, négociant les grands écarts de tessiture et les vocalises de fureur avec une flexibilité stupéfiante et une totale absence de dureté. L'hédonisme sonore épuré culmine dans ses phrasés pianissimo suspendus dans l'aigu (comme le redoutable Do de l'air du Nil dans Aida), où sa voix atteint une immense pureté vocale instrumentale. Interprète pléthorique de la fureur tyranique, de la blessure intime et du sacrifice héroïque, elle habite l'espace scénique avec une belle urgence organique théâtrale. Sa capacité à projeter le mot avec une articulation italienne impeccable confère à ses incarnations une autorité dramaturgique saisissante, particulièrement acclamée par les milliers de spectateurs des Arènes de Vérone dont elle est l'une des reines absolues. Menant sa trajectoire superlative auprès des plus grands chefs de notre époque, Anna Pirozzi conserve sur toutes les scènes du monde une autorité lyrique superlative.