
Werther
Opéra Bastille · Paris

Soliste
Né à Paris en 1985 au sein d'une famille de musiciens, Benjamin Bernheim passe son enfance en Suisse où il intègre très jeune la Maîtrise du Conservatoire de Genève. C'est là que se forge son amour du collectif et de la polyphonie, avant que sa voix de ténor ne se révèle à l'adolescence. Sa trajectoire académique à Lausanne le mène rapidement vers l'Opéra de Zurich. Contrairement à de nombreux jeunes ténors pressés de brûler les étapes, Bernheim choisit la voie de la patience et de l'artisanat. Pendant plusieurs années au sein de la troupe zurichoise, il polit sa technique, apprend à projeter son timbre sans forcer et observe les plus grands chanteurs de l'époque. Cette rigueur technique et cette discipline de fer vont porter leurs fruits au milieu des années 2010, lorsque sa voix acquiert la largeur lyrique nécessaire pour aborder les premiers rôles romantiques. Ce qui distingue immédiatement Benjamin Bernheim de ses contemporains, c'est son rapport charnel et intellectuel à la langue française. Héritier direct de la grande tradition stylistique portée autrefois par des artistes comme Georges Thill ou Alfredo Kraus, il redonne au chant français ses lettres de noblesse. Chez lui, chaque consonne est articulée avec précision, chaque voyelle est magnifiée par la ligne mélodique, rendant le surtitrage presque inutile pour le spectateur. Sa maîtrise exceptionnelle de la nuance — notamment sa capacité à passer d'un pianissimo impalpable en voix de tête à un aigu triomphant en pleine voix de poitrine — lui permet d'explorer toute la fragilité psychologique de personnages torturés comme Werther ou Des Grieux. Cette signature vocale d'une élégance rare lui ouvre les portes des plus importants temples de l'art lyrique, du Metropolitan Opera de New York à la Scala de Milan, en passant par le Festival de Salzbourg et l'Opéra national de Paris. Sous contrat d'exclusivité avec Deutsche Grammophon, ses albums solos (notamment "Boulevard des Italiens" ou "Poèmes") explorent avec intelligence les correspondances entre la mélodie française, le lied allemand et l'opéra. Sa performance mémorable lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024 a achevé de populariser son nom auprès du grand public, prouvant qu'un ténor classique peut irradier une modernité et un charisme pop absolus. Resté profondément humble, passionné par la transmission et le renouvellement des publics de l'opéra, Benjamin Bernheim incarne la figure idéale du grand artiste moderne : un technicien hors pair au service d'une sensibilité poétique à fleur de peau.