

Soliste
Bleuenn Battistoni incarne la quintessence de la nouvelle garde de l'Opéra de Paris : une danseuse d'un dynamisme rayonnant, dont le jeu se caractérise par une joie de danser communicative, une musicalité innée et une technique d'une précision chirurgicale qui semble d'une facilité déconcertante. Son parcours se distingue de la trajectoire linéaire traditionnelle des "petits rats". Née à Lyon, elle commence la danse relativement tard pour le haut niveau (à 11 ans) et se forme d'abord au Conservatoire de Lyon, puis au Conservatoire National Supérieur de Paris (CNSMDP), avant de rejoindre l'École de Danse de l'Opéra de Paris pour y parfaire ses dernières années d'études. Engagée dans le corps de ballet en 2018, elle connaît une ascension irrésistible, franchissant chaque grade de la hiérarchie d'un pas ferme et inspiré. Une nomination sous le signe de la fraîcheur : Le 26 mars 2024, à l'issue d'une représentation du ballet pastoral La Fille mal gardée de Frederick Ashton, le directeur de la danse José Martinez monte sur la scène du Palais Garnier pour la nommer Danseuse Étoile. Ce choix couronne une artiste qui a su redonner toutes ses lettres de noblesse au style anglo-saxon d'Ashton — fait de jeux de jambes ultra-rapides et d'un humour théâtral subtil. Sur scène, Bleuenn Battistoni séduit immédiatement par sa clarté d'articulation et son sens inouï des nuances musicales. Qu'elle enchaîne des variations techniques redoutables ou qu'elle dialogue par le geste avec ses partenaires (formant régulièrement un couple d'une superbe complicité avec Guillaume Diop), elle insuffle une lumière et une modernité désarmantes au répertoire classique. Alliant la rigueur technique de l'école française à une spontanéité théâtrale rafraîchissante, elle s'impose comme l'un des visages les plus prometteurs et solaires de l'avenir de l'Opéra.
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