
Dvořák, Quintette pour piano / Nikola Meeuwsen
Auditorium · Paris

Timbre d’une absolue limpidité, musicienne d’une suprême probité artistique et digne représentante de la haute école française du violoncelle, Marion Gailland s'impose dans le paysage musical par la rigueur intellectuelle, la profondeur expressive et la ferveur poétique de ses lectures. Qu'elle déploie le chant profond de son instrument en soliste ou qu'elle en tisse les lignes au cœur d'un ensemble de chambre, l'artiste aborde chaque partition avec un respect dévot du texte littéraire musical combiné à une intuition dramatique de premier ordre. Sous son archet, le violoncelle déploie une force cinétique fluide et une alacrité rythmique d'une absolue netteté. Face aux exigences techniques des grands monolithes du répertoire ou aux micro-intervalles des partitions modernes, son jeu offre une clarté texturale chirurgicale, lui permettant de structurer l'assise harmonique, de timbrer chaque registre avec un équilibre souverain et d'assurer une projection idéale sans jamais introduire la moindre dureté instrumentale artificielle ou lourdeur acoustique. Cet hédonisme sonore épuré culmine dans les mouvements lents et les cantilènes élégiaques, où son instrument atteint une immense pureté vocale instrumentale, filant des phrases d'une infinie tendresse poétique suspendue au-dessus du silence. Interprète pléthorique du grand souffle romantique, de la rigueur contrapuntique et des géométries de chambre, elle insuffle à chaque projet une belle urgence organique théâtrale. Sa présence en scène, caractérisée par une concentration absolue, un refus total du spectaculaire vulgaire et une complicité mutuelle superlative avec ses partenaires de plateau, se concentre uniquement sur la vérité du phrasé et l'éloquence du mot musical. Plébiscitée par ses pairs pour sa justesse stylistique et sa générosité de ton, Marion Gailland affirme au concert comme au studio une autorité artistique superlative.

Auditorium · Paris