
Orchestre de Paris / Klaus Mäkelä
Grande Salle Pierre Boulez · Paris

Soliste
Wiebke Lehmkuhl s’impose aujourd’hui comme l’une des authentiques voix de contralto les plus recherchées et respectées de la scène internationale. À une époque où les véritables contraltos — caractérisées par des graves abyssaux, une texture sombre et veloutée, et une assise naturellement charnue — se font rares, l'artiste allemande captive par la profondeur organique de son timbre, sa noblesse de déclamation et une musicalité d'une rigueur absolue. Née à Oldenburg, elle reçoit sa formation initiale auprès d'Ute Döring avant de parfaire ses études à la Hochschule für Musik und Theater de Hambourg sous la tutelle de la légendaire mezzo-soprano Hanna Schwarz. Sa maturité vocale et dramatique précoce lui permet de rejoindre dès 2008 la troupe de l'Opéra de Zurich. C'est dans ce cadre d'excellence qu'elle façonne ses armes et aborde un vaste répertoire, marquant les esprits dans des rôles de composition exigeants. Sa trajectoire lyrique prend une envergure planétaire grâce à ses débuts remarqués au Festival de Bayreuth en 2012, où elle incarne la Première Norne et Flosshilde dans le Ring sous la baguette de Christian Thielemann. Elle devient rapidement une figure incontournable de la colline sacrée wagnérienne et des grandes scènes mondiales (Opéra national de Paris, Bayerische Staatsoper de Munich, Teatro Real de Madrid), s'affirmant comme l'une des interprètes majeures du rôle tellurique d'Erda (L'Or du Rhin et Siegfried), où la puissance d'évocation de sa voix de bronze fait merveille. C'est cependant au concert, dans le domaine de l'oratorio et de la symphonie vocale, que Wiebke Lehmkuhl atteint des sommets de poésie et de spiritualité. Interprète de référence pour les œuvres de Jean-Sébastien Bach, elle s'associe régulièrement aux maîtres du courant historiquement informé (tels que Philippe Herreweghe et son Collegium Vocale Gent). Parallèlement, sa voix est devenue un pilier incontournable pour porter les grandes architectures de Gustav Mahler. Qu'elle insuffle une ferveur recueillie à l'Urlicht de la Deuxième Symphonie ou qu'elle explore les mystères de la nuit dans le quatrième mouvement de la Troisième Symphonie, elle suspend le temps par une projection d'une immense dignité, s'affirmant comme l'héritière directe de la plus grande tradition du chant allemand.
Les dates à venir où cet artiste est programmé.

Grande Salle Pierre Boulez · Paris

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