
"Unanimes !" Finale du concours des compositrices
Studio 104 · Paris
Époque Romantique

Jeanne-Louise Farrenc (née Dumont) est née à Paris en 1804 dans une famille d'artistes. Fille du sculpteur Jacques-Edme Dumont et sœur de la peintre Mme Jules Geoffroy, elle manifesta très tôt des dispositions musicales. Elle étudia le piano avec Ignaz Pleyel et Johann Nepomuk Hummel, et la composition avec Anton Reicha au Conservatoire de Paris, institution alors pionnière en permettant aux femmes d'étudier la composition. Son éducation rigoureuse l'ancra dans la tradition classique, assimilant la clarté formelle et l'équilibre des maîtres viennois, notamment Mozart et Beethoven, dont l'influence est perceptible dans son œuvre. Elle devint rapidement une pianiste virtuose et épousa Aristide Farrenc, flûtiste et éditeur de musique, ce qui facilita la diffusion de ses propres compositions. Le style de Farrenc se caractérise par une maîtrise exceptionnelle de l'écriture contrapuntique et de l'orchestration, alliant la rigueur classique à une expressivité romantique. Sa musique est souvent mélodique, élégante et d'une grande sophistication harmonique. Elle se distinguait par son écriture équilibrée et son respect des formes établies, tout en y insufflant une richesse émotionnelle. Parmi ses œuvres majeures figurent ses deux symphonies, en ut mineur (1841) et en ré majeur (1845), saluées par la critique de son temps, ainsi que son Nonette pour vents et cordes (1849), considéré comme un chef-d'œuvre de la musique de chambre du XIXe siècle. Elle composa également une importante œuvre pour piano, incluant des études et des sonates, et de nombreuses pièces de musique de chambre. Louise Farrenc occupe une place singulière dans l'histoire de la musique, non seulement comme l'une des rares femmes compositrices du XIXe siècle à avoir atteint une reconnaissance de son vivant, mais aussi en tant que professeure de piano éminente au Conservatoire de Paris pendant plus de trente ans (1842-1873). Elle fut la première et la seule femme à y obtenir un poste de professeure permanente de piano, se battant même pour obtenir le même salaire que ses homologues masculins. Après sa mort en 1875, sa musique tomba dans l'oubli, éclipsée par les compositeurs romantiques masculins de son époque. Ce n'est qu'à la fin du XXe siècle et au début du XXIe que son œuvre a été redécouverte et réhabilitée, permettant au public moderne d'apprécier la qualité et l'originalité de cette compositrice exceptionnelle.

Studio 104 · Paris

Palais Garnier · Paris