Érigée sur le tombeau de saint Denis, premier évêque de Paris martyrisé au troisième siècle, la Basilique de Saint-Denis s'élève dans l'histoire universelle de l'art comme le berceau absolu de l'architecture gothique. C'est sous l'impulsion de l'illustre abbé Suger, au milieu du douzième siècle, que l'ancienne église carolingienne fut transformée pour laisser place à une esthétique révolutionnaire fondée sur la théologie de la lumière. En combinant de manière inédite la croisée d'ogives et l'arc brisé, les bâtisseurs parvinrent à évider les murs de pierre pour y insérer d'immenses vitraux, inondant l'espace d'une clarté divine colorée.
Devenue la nécropole des souverains français de Dagobert Ier à Louis XVIII, la basilique abrite une collection unique au monde de gisants et de tombeaux sculptés, traversant les siècles de l'histoire de France. Si le monument frappe par sa valeur mémorielle, il s'impose également comme un pôle musical d'envergure internationale. Chaque année, le Festival de Saint-Denis investit les volumes grandioses de l'édifice, y conviant les plus grands chefs d'orchestre, chœurs et solistes mondiaux. La programmation fait résonner la pierre séculaire au son des plus monumentales fresques de la musique sacrée — du Messie de Haendel au Requiem de Verdi — tout en s'ouvrant à des créations métissées contemporaines.