Établi sur la place Boieldieu, l'Opéra Comique occupe l'emplacement de l'ancien hôtel de la famille Favart, d'où le nom de Salle Favart traditionnellement donné à son édifice. L'histoire de cette institution, fondée sous le règne de Louis XIV en 1714, est jalonnée de tragédies architecturales : le théâtre fut en effet la proie de deux incendies destructeurs en 1838 et en 1887. Le bâtiment actuel, chef-d'œuvre de l'architecture académique de la fin du dix-neuvième siècle, est l'œuvre de Louis Bernier. Sa façade de pierre sculptée, ornée de cariatides représentant la Musique et la Comédie, s'intègre avec une élégante discrétion dans le tissu urbain des grands boulevards.
L'Opéra Comique s'impose comme l'un des berceaux les plus glorieux de l'art lyrique mondial. C'est en ses murs que furent créés des monuments absolus du répertoire universel, à l'instar de Carmen de Georges Bizet en 1875, de Manon de Jules Massenet en 1884 ou de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy en 1902. Le complexe intérieur, entièrement restauré au début du vingt-et-unième siècle pour moderniser ses installations techniques, frappe par la somptuosité de ses décors. Les grands foyers de déambulation sont revêtus de marbres précieux, de stucs dorés et de fresques monumentales peintes par de grands maîtres de l'époque tels qu'Albert Maignan ou Jean-Joseph Benjamin-Constant, célébrant la gloire du théâtre lyrique français.