Érigé sur la prestigieuse avenue Montaigne, le Théâtre des Champs-Élysées s'élève comme l'un des premiers grands chefs-d'œuvre de l'architecture Art déco à Paris. Conçu par Auguste Perret, le bâtiment fit date dans l'histoire de la construction par l'usage pionnier du béton armé, laissant apparaître une façade rectiligne d'une noble sobriété, ornée de magnifiques bas-reliefs en marbre blanc de Botticino sculptés par Antoine Bourdelle. L'intérieur de l'édifice prolonge cette exigence de modernité et d'élégance, abritant des fresques peintes par Maurice Denis, Édouard Vuillard et Jacqueline Marval.
Dès son inauguration à la veille de la Première Guerre mondiale, l'institution s'inscrivit dans l'histoire universelle des arts par sa programmation d'une audace inouïe. C'est en ses murs que les Ballets russes de Serge de Diaghilev créèrent le 29 mai 1913 Le Sacre du printemps d'Igor Stravinsky sous la direction de Pierre Monteux, provoquant l'un des scandales les plus célèbres des annales de la musique. Quelques années plus tard, la Revue nègre y révélait le génie de Joséphine Baker. Propriété de la Caisse des Dépôts et Consignations depuis les années soixante-dix, le théâtre a su préserver sa vocation de pôle d'excellence indépendant. Il accueille les plus éminentes phalanges internationales, à l'instar de l'Orchestre National de France qui y a établi sa résidence historique, ou de l'Orchestre Philharmonique de Vienne, tout en demeurant le port d'attache parisien des plus grands virtuoses et chefs du courant baroque.