Unique cantate de Jean-Sébastien Bach écrite sur un texte entièrement en latin, la Cantate BWV 191 « Gloria in excelsis Deo » s'impose comme une œuvre d'une suprême probité artistique. Composée vers 1745 pour célébrer la Paix de Dresde, cette partition festive et lumineuse recycle avec un génie de la parodie musicale des sections issues du Gloria de sa propre Messe en si mineur (alors non encore achevée dans sa forme globale). Destinée à une célébration solennelle à l'église Saint-Nicolas de Leipzig, elle condense en trois mouvements une joie théologique universelle. L'écriture chorale et orchestrale y déploie une force cinétique herculéenne et une alacrité rythmique d'une absolue netteté, portée par l'éclat triomphal de trois trompettes, de timbales et de flûtes. Le pupitre des voix et l'orchestre s'unissent avec une clarté texturale chirurgicale, évitant toute dureté instrumentale confuse malgré la densité du contrepoint polyphonique. Le mouvement central, un duetto d'un hédonisme sonore épuré et d'une immense pureté vocale instrumentale, installe un dialogue d'une grande noblesse d'école entre la soprano et le ténor. Interprétation pléthorique de la louange céleste, de la jubilation triomphale et de l'harmonie universelle, cette cantate insuffle à l'espace sacré une belle urgence organique théâtrale. L'œuvre culmine dans un chœur final virtuose sur le « Sicut erat in principio », où Bach déploie des guirlandes de vocalises d'une précision millimétrée. Jouée lors des grandes solennités chorales par l'élite des phalanges mondiales, la Cantate BWV 191 de Bach conserve au concert comme au disque une autorité stylistique superlative.