Le Concerto pour violoncelle en la mineur, op. 129 a été composé par Robert Schumann en octobre 1850, durant une période d'intense ferveur créatrice qui suivit son installation à Düsseldorf comme directeur de la musique. Écrit en seulement deux semaines, ce concerto ne fut malheureusement jamais joué en public du vivant du compositeur, qui souffrait déjà de troubles mentaux grandissants. L'œuvre ne connut sa création officielle qu'en juin 1860, soit quatre ans après sa mort. L'œuvre se distingue par son audace formelle, Schumann ayant choisi d'enchaîner les trois mouvements sans aucune interruption (attacca) afin d'éviter les applaudissements intempestifs entre les sections et de préserver l'unité poétique de la pièce. Rompant avec l'affrontement virtuose traditionnel entre le soliste et la phalange symphonique, ce concerto s'apparente plutôt à une conversation intime et rhapsodique où le violoncelle déploie un lyrisme introspectif d'une immense profondeur psychologique. Longtemps jugé trop complexe, voire le reflet du déclin de la santé mentale de Schumann par ses contemporains, le concerto est aujourd'hui universellement reconnu comme l'un des sommets absolus du romantisme musical. Sa cadence originale accompagnée par l'orchestre dans le finale et son écriture d'une grande subtilité instrumentale en font une œuvre incontournable, devenue un pilier fondamental du répertoire de tous les violoncellistes internationaux.