
Bernstein / Saint-Saëns / Enescu - Cristian Măcelaru
Maison de la Radio et de la Musique · Paris
Le Concerto pour violoncelle n° 1 de Camille Saint-Saëns est l'un des chefs-d'œuvre absolus du répertoire pour violoncelle, célébré pour sa virtuosité flamboyante, son économie de moyens et sa perfection formelle. Écrit en 1872, dans une période de intense renouveau pour la musique française après la guerre franco-prussienne, ce concerto a immédiatement été salué comme un coup de maître. Des géants de la musique comme Dmitri Chostakovitch ou Sergueï Rachmanïnov le considéraient d'ailleurs comme le plus parfait de tous les concertos pour violoncelle jamais écrits. La grande force et l'originalité de cette œuvre résident dans son architecture condensée. En refusant la forme traditionnelle en trois mouvements séparés, Saint-Saëns adopte un principe de « composition cyclique ». Les thèmes voyagent, se transforment et se répondent d'un bout à l'autre de la partition, créant une unité dramatique totale. Dès les premières secondes, Saint-Saëns bouscule les codes du genre. L'orchestre ne donne aucune longue introduction : après un unique accord sec et percutant de la formation, le violoncelle soliste surgit immédiatement avec un motif haletant en triolets qui innervera toute l'œuvre. Ce premier thème, fougueux et passionné, exige du soliste une présence dramatique instantanée. La deuxième section (Allegretto con moto) offre un contraste saisissant de grâce et de légèreté. L'orchestre y dessine un menuet délicat, d'une transparence d'une précision d'horlogerie, sur lequel le violoncelle vient broder un contre-chant rêveur et aristocratique. C'est une page d'une pure élégance française, presque dix-huitièmement. La section finale opère un retour aux tensions initiales. Le violoncelle affronte de redoutables vagues d'arpèges, d'octaves et de traits virtuoses, avant de voir réapparaître le grand thème de l'ouverture. Mais plutôt que de sombrer dans le tragique du La mineur, Saint-Saëns choisit d'illuminer sa coda dans un éclatant et jubilatoire La majeur, concluant ce sprint musical par une démonstration de virtuosité pure et de lumière triomphante.
Les concerts à venir qui programment cette œuvre.

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