L'Impromptu n° 2 en mi bémol majeur, D. 899, composé à l'automne 1827, est une pièce de pure vélocité qui dissimule une profonde tension dramatique. Le mouvement s'ouvre sur une course ininterrompue de triolets à la main gauche, une guirlande de notes cristallines et fluides qui survole le clavier avec une fausse impression de légèreté et de fluidité classique. Ce flux perpétuel est brutalement brisé par une section centrale en mi bémol mineur. Cette partie introduit une danse farouche, syncopée et d'un caractère presque violent, qui préfigure les accents tragiques de Brahms. Rompant avec la structure traditionnelle, Schubert choisit de conclure la pièce par une révolte sombre dans la tonalité mineure, refusant ainsi le retour à la lumière initiale de mi bémol majeur.