
Marina Rebeka soprano Jonas Kaufmann ténor
Théâtre des Champs Elysées · Paris
La Traviata s'élève comme l'un des sommets indépassables de l'histoire de l'opéra occidental, formant avec Rigoletto et Il Trovatore la célèbre trilogie populaire de Giuseppe Verdi. Œuvre d'une audace moderne inouïe pour son époque, elle transpose sur la scène lyrique un sujet contemporain, bourgeois et réaliste, s'attaquant de front à l'hypocrisie des conventions morales de la société du dix-neuvième siècle. Le compositeur y délaisse les fresques historiques ou mythologiques pour peindre le destin tragique d'une courtisane parisienne, Violetta Valéry, sacrifiée sur l'autel de la respectabilité bourgeoise. La création vénitienne se solda par un fiasco mémorable, resté célèbre dans les annales. Le public fut dérouté par les costumes contemporains et, de surcroît, peu convaincu par la crédibilité de la soprano interprétant Violetta, dont la silhouette plantureuse jurait avec la phtisie censée consumer l'héroïne au dernier acte. Repris un an plus tard dans des décors transposés au dix-huitième siècle, l'opéra connut un triomphe planétaire qui ne s'est jamais démenti depuis lors. La partition est un miracle d'efficacité dramatique et de caractérisation psychologique à travers le chant. Verdi y exige de son héroïne une plasticité vocale proprement prodigieuse, évoluant au fil de l'action : le premier acte requiert une soprano colorature à la virtuosité pyrotechnique, symbole de la futilité et du vertige des plaisirs parisiens ; le deuxième acte appelle une dimension lyrique et déchirante face à l'implacable Giorgio Germont ; enfin, le troisième acte réclame les accents dépouillés d'une soprano dramatique, touchée par la mort.
Les concerts à venir qui programment cette œuvre.

Théâtre des Champs Elysées · Paris