La troisième pièce des célèbres cycles de Mélodies oubliées de Nikolaï Medtner (la plus jouée étant la trépidante "Danza festiva" de l'opus 38) est un chef-d'œuvre de rythme et d'énergie. Composée dans les années tumultueuses de son départ de Russie, cette pièce rompt avec la mélancolie introspective souvent associée à son œuvre pour déployer une vitalité exubérante et festive. Sur le plan technique, elle exige une articulation digitale absolue et un contrôle infaillible du rythme. Medtner y utilise des syncopes acérées et une polyphonie dense, transformant le piano en un véritable orchestre en fête. C'est une page d'une grande virtuosité athlétique qui reste un grand moment de bravoure en concert.