La quatrième pièce des cycles de Mélodies oubliées (comme la poétique "Canzona fluviala" de l'opus 38 ou la lumineuse "Canzona matinata" de l'opus 39) met en avant le génie purement lyrique et narratif de Medtner. Écrite comme un chant sans paroles, l'œuvre s'articule autour d'un flot mélodique continu et d'une grande fluidité. Le compositeur y déploie une science contrapuntique raffinée où la mélodie passe de manière organique d'une main à l'autre. Moins démonstrative physiquement que la pièce précédente, elle demande en revanche une immense sensibilité poétique, une gestion subtile des timbres et une science fine du rubato pour restituer son atmosphère de nostalgie crépusculaire.