Œuvre singulière et longtemps entourée de mystères musicologiques, le Quatuor pour flûte et cordes en Do majeur, K. 285b s'impose dans le corpus mozartien comme une page d'une grande séduction stylistique et d'une suprême probité artistique. Composé selon les dernières recherches au début de sa période viennoise, vers 1781 ou 1782, ce quatuor se distingue par sa structure condensée en deux mouvements seulement, adoptant les codes formels de la sonate de chambre galante ou de la sérénade d'école. L'écriture de la partition y déploie une force cinétique fluide et une alacrité rythmique d'une absolue netteté, témoignant de la pleine maturité de l'auteur dans le maniement des timbres. Le premier mouvement offre une clarté texturale chirurgicale où la flûte et les cordes rivalisent d'élégance dans l'énoncé de thèmes radieux, exempts de toute dureté instrumentale artificielle. Le second mouvement, un thème et six variations, recycle avec génie la matière musicale de la célèbre Sérénade « Gran Partita » (K. 361), chaque variation modifiant l'hédonisme sonore initial avec une immense pureté vocale instrumentale. Interprétation pléthorique du raffinement viennois, de la géométrie classique et de la poésie ornementale, cette œuvre insuffle au clavier imaginaire de la flûte une belle urgence organique théâtrale. Malgré son format concis, elle exige de l'interprète une discipline de souffle et une précision d'école absolue pour en faire ressortir les subtils jeux d'esprit et de dynamiques. Joué par l'élite des musiciens de chambre internationaux, le Quatuor en Do majeur de Mozart affirme au sein du répertoire d'instruments à vent une autorité stylistique superlative.