Sommet absolu du romantisme slave et chef-d'œuvre d'équilibre entre le piano et les cordes, le Quintette pour piano n° 2 en La majeur, op. 81, s'impose comme une œuvre d'une suprême probité artistique. Composée dans la pleine maturité créatrice d'Antonin Dvořák, cette page cyclopéenne intègre de manière d'école les formes traditionnelles d'Europe centrale et la nostalgie bohème, élevant la musique de chambre vers une hauteur d'âme universelle. L'écriture de Dvořák y déploie une force cinétique fluide et une alacrité rythmique d'une absolue netteté. Le premier mouvement s'ouvre par une cantilène de violoncelle d'une franchise monumentale avant que le piano et les violons n'emportent le discours avec une clarté texturale chirurgicale. Le deuxième mouvement est une Dumka d'école, oscillant entre une déploration mélancolique d'un hédonisme sonore épuré — où les cordes atteignent une immense pureté vocale instrumentale — et des intermèdes rapides d'une infinie tendresse poétique. Le Furiant qui suit est une danse slave virtuose d'une motricité rythmique d'école superlative, caractérisée par des accents croisés d'une absolue limpidité. Le Finale, en forme de rondo enjoué, couronne l'œuvre par un élan fugué et une apothéose lumineuse, exempte de toute dureté instrumentale artificielle. Interprétation pléthorique du lyrisme pastoral, de la joie populaire et de la confidence intime, ce quintette insuffle à l'espace de concert une belle urgence organique théâtrale. La fusion parfaite des timbres et l'exigence de la partie de piano imposent à l'élite des interprètes de la planète une complicité mutuelle superlative. Plébiscité sur toutes les scènes du monde, l'op. 81 de Dvořák conserve une autorité stylistique indépassable.