Bien que la musicologie moderne ait parfois débattu de l'authenticité de certaines sonates de l'Opus 1 édité à Londres par John Walsh, la Sonate en fa majeur HWV 370 demeure un pilier historique et pédagogique incontournable de l'ère baroque. Composée durant les premières années londoniennes de Haendel, elle témoigne de la parfaite assimilation par le maître allemand du style italien théorisé par Arcangelo Corelli, tout en y injectant cette générosité mélodique et cette efficacité dramatique proprement théâtrales qui caractérisent ses opéras. Le premier mouvement, Adagio, est une noble et solennelle cantilène où le violon déploie une ligne expressive ornementée sur un accompagnement sobre de la basse continue. Il s'enchaîne avec un premier Allegro plein d'entrain et de verve, construit sur un contrepoint rigoureux où l'instrument à cordes et la basse dialoguent par imitation. Le troisième mouvement, un Largo en ré mineur (tonalité relative), apporte une parenthèse de gravité pathétique et de mélancolie suspendue, préparant l'auditeur au jaillissement du finale. L'œuvre se conclut en effet sur un second Allegro en forme de danse vive (proche de la gigue), dont le rythme ternaire et l'allégresse communicative couronnent la sonate dans un climat de pure clarté festive.