Souvent surnommée « Sonatine » par Beethoven lui-même en raison de sa brièveté et de sa relative accessibilité technique, la Sonate n° 25 en sol majeur est une miniature pleine de fraîcheur, d'humour et de charme champêtre. Composée en 1809 (la même année que la monumentale sonate « Les Adieux »), elle offre un contrepoint solaire et insouciant aux tourments politiques de l'époque, marqués par le bombardement et l'occupation de Vienne par les troupes napoléoniennes. Le premier mouvement, Presto alla tedesca (« à l'allemande »), emprunte son rythme vigoureux et bondissant à la danse populaire autrichienne, le Ländler. C'est ce mouvement qui a valu à la sonate son surnom populaire de « Coucou », car le motif initial de trois notes descendantes en tierces imite de façon espiègle le chant de l'oiseau. Le mouvement central, un Andante en sol mineur aux allures de barcarolle mélancolique, évoque une complainte italienne ou une romance gondolière d'une grande pureté poétique. L'œuvre s'achève sur un Vivace en forme de rondo capricieux et joueur, dont le thème principal est si mémorable et joyeux que Beethoven le réutilisera presque mot pour mot dans son célèbre Quatuor à cordes Op. 130.