Parmi la dizaine de sonates écrites par Vivaldi pour le violoncelle, la Sonate en la mineur RV 43 occupe une place de choix. Publiée à Paris à la fin de la vie du compositeur, elle adopte le moule de la sonata da chiesa (sonate d'église) en quatre mouvements alternant lent et rapide. Cette œuvre témoigne de la relation privilégiée de Vivaldi avec le violoncelle, instrument dont il a largement contribué à émanciper le rôle de simple soutien de la basse continue vers celui de soliste lyrique de premier plan. L'œuvre s'ouvre sur un poignant Largo en la mineur, d'une gravité presque vocale, où le violoncelle déploie de larges phrasés d'une poignante mélancolie. L'Allegro qui suit fait voler en éclats cette tristesse contenue grâce à une écriture de caractère athlétique et vigoureux, exigeant une grande agilité de l'archet. Le troisième mouvement, un bref et tendre Largo dans la tonalité réconfortante de fa majeur, s'élève comme une oasis de douceur pastorale. Le finale, un second Allegro en la mineur, referme la sonate par une danse vive au rythme syncopé et plein de sève. Empreinte d'une probité expressive supérieure, cette sonate exige de l'interprète une superbe gestion du timbre pour rendre justice à sa noble intériorité.