La Symphonie n° 36 en do majeur, KV 425, surnommée Symphonie « Linz », est l'une des pages symphoniques les plus célèbres et captivantes de Wolfgang Amadeus Mozart. Sa genèse relève du miracle : en octobre 1783, alors que le compositeur et son épouse Constanze font escale à Linz lors de leur retour de Salzbourg vers Vienne, le comte Thun les invite et organise un concert improvisé. Ne disposant d'aucune partition dans ses bagages, Mozart relève le défi insensé de composer, de faire recopier et de faire répéter cette œuvre monumentale en seulement quatre jours. Malgré l'extrême urgence de sa création, la symphonie frappe par sa maturité formelle et son ambition expressive, fortement influencée par les innovations de Joseph Haydn. C'est en effet la toute première fois que Mozart introduit une introduction lente (Adagio) avant le premier mouvement rapide d'une symphonie, installant une tension dramatique saisissante avant l'explosion de joie de l'Allegro. L'œuvre équilibre à la perfection la puissance des cuivres et des timbales avec le lyrisme passionné des bois et des cordes, notamment dans le sublime mouvement lent au rythme de sicilienne. La Symphonie « Linz » marque un jalon essentiel dans le catalogue mozartien, annonçant les trois ultimes chefs-d'œuvre symphoniques de sa maturité viennoise. Elle témoigne de la virtuosité d'écriture absolue d'un génie au sommet de ses moyens, capable de transcender les contraintes de temps pour livrer une pièce d'une parfaite cohérence architecturale. Aujourd'hui, elle demeure l'une des œuvres les plus jouées et enregistrées du répertoire classique mondial, admirée pour son énergie communicative et sa profondeur poétique.