La Symphonie n° 39 en Mi bémol majeur, K. 543, est l'une des dernières et des plus célèbres oeuvres symphoniques de Wolfgang Amadeus Mozart. Composée en juillet 1788 à Vienne, elle fait partie, avec les nos 40 et 41, du triptyque final créé en quelques semaines. Aucune commande spécifique n'est connue ; Mozart l'a probablement écrite pour des concerts qu'il espérait donner, dans une période de difficultés financières. Elle témoigne d'une extraordinaire explosion de créativité. Cette symphonie se distingue par son introduction lente et majestueuse. Les clarinettes y jouent un rôle essentiel, remplaçant les hautbois dans plusieurs mouvements, conférant une sonorité particulièrement douce, chaleureuse et noble à l'oeuvre en quatre mouvements (Adagio-Allegro, Andante con moto, Menuetto, Finale). Elle incarne la maîtrise mozartienne des formes classiques, mêlant une élégance mélodique sublime à une richesse harmonique et contrapuntique. Au sein du catalogue du compositeur, elle représente un sommet de l'écriture symphonique, préfigurant par sa profondeur certains aspects du romantisme. La réception de la Symphonie n° 39 à sa création est peu documentée, et il est incertain si elle fut jouée du vivant de Mozart, compte tenu de ses difficultés économiques. Sa reconnaissance s'est affirmée après sa mort. Aujourd'hui, elle est universellement admirée comme un chef-d'oeuvre du répertoire classique. Son équilibre parfait entre structure, mélodie et émotion assure sa place parmi les oeuvres les plus importantes de Mozart, continuellement interprétée pour sa beauté intemporelle et sa profondeur expressive.