La Symphonie n° 4 en sol majeur de Gustav Mahler, composée principalement entre 1899 et 1900, n'a fait l'objet d'aucune commande spécifique. Mahler l'a élaborée durant ses séjours estivaux, notamment à Maiernigg, la considérant comme une oeuvre plus légère et intime après la grandeur de la Troisième. Elle se distingue par son caractère lyrique et pastoral, son apparente simplicité et son ambiance souvent décrite comme enfantine ou naïve. L'oeuvre intègre en son finale un lied antérieur de Mahler, "Das himmlische Leben" (La Vie Céleste), tiré du recueil de poèmes Des Knaben Wunderhorn, interprété par une soprano solo. La symphonie explore des thèmes d'innocence, de joie céleste et de vision d'un paradis vue à travers les yeux d'un enfant, alternant moments de grâce et passages plus énigmatiques. L'orchestration est brillante mais parfois inattendue, comme le violon accordé en scordatura dans le deuxième mouvement. Au sein du catalogue mahlérien, la Quatrième Symphonie représente un point de transition. Elle clôt le cycle des symphonies "Wunderhorn" et marque un retour à une forme plus concise et moins programmatique que ses devancières monumentales, avant de s'engager vers les oeuvres de sa maturité. Sa première audition à Munich en 1901, dirigée par Mahler lui-même, fut accueillie avec un mélange de perplexité et d'admiration. Le public et la critique étaient parfois déroutés par son mélange de simplicité folklorique et de sophistication orchestrale, ou par son ton singulier. Aujourd'hui, elle est l'une des symphonies les plus appréciées et accessibles de Mahler, célébrée pour sa beauté mélodique, sa profondeur émotionnelle subtile et sa vision unique du paradis. Elle offre une perspective plus lumineuse et sereine sur le monde, contrastant avec d'autres oeuvres du compositeur.