
Bach / Debussy
Maison de la Radio et de la Musique · Paris
Les Trois mouvements pour flûte et orgue comptent parmi les pièces de musique de chambre que Jehan Alain a composées durant les années 1930, alors qu’il poursuit sa formation au Conservatoire de Paris auprès de Paul Dukas et Marcel Dupré. Contrairement à ses grandes pages pour orgue solo, cette œuvre ne semble pas répondre à une commande institutionnelle précise, mais s’inscrit dans la pratique de composition intime et expérimentale qu’Alain menait en marge de ses études, souvent destinée à être jouée dans un cercle familial ou amical. Sur le plan musical, l’œuvre reflète le langage caractéristique du compositeur : modalité héritée du plain-chant, souplesse rythmique proche de l’improvisation, alternance de climats méditatifs et de passages plus vifs et dansants. Le dialogue entre la flûte, à la ligne mélodique fluide et ornementée, et l’orgue, tour à tour soutien harmonique discret et partenaire égal, illustre le goût d’Alain pour les timbres et les couleurs inhabituelles, nourri par ses découvertes des musiques extra-européennes. Dans le catalogue du compositeur, dominé par ses pièces pour orgue comme Litanies ou Le Jardin suspendu, cette œuvre occupe une place plus modeste, révélatrice pourtant de sa curiosité pour d’autres formations instrumentales. Peu diffusée à l’époque, faute d’une reconnaissance immédiate, elle doit sa

Maison de la Radio et de la Musique · Paris
Les Trois mouvements pour flûte et orgue comptent parmi les pièces de musique de chambre que Jehan Alain a composées durant les années 1930, alors qu’il poursuit sa formation au Conservatoire de Paris auprès de Paul Dukas et Marcel Dupré. Contrairement à ses grandes pages pour orgue solo, cette œuvre ne semble pas répondre à une commande institutionnelle précise, mais s’inscrit dans la pratique de composition intime et expérimentale qu’Alain menait en marge de ses études, souvent destinée à être jouée dans un cercle familial ou amical. Sur le plan musical, l’œuvre reflète le langage caractéristique du compositeur : modalité héritée du plain-chant, souplesse rythmique proche de l’improvisation, alternance de climats méditatifs et de passages plus vifs et dansants. Le dialogue entre la flûte, à la ligne mélodique fluide et ornementée, et l’orgue, tour à tour soutien harmonique discret et partenaire égal, illustre le goût d’Alain pour les timbres et les couleurs inhabituelles, nourri par ses découvertes des musiques extra-européennes. Dans le catalogue du compositeur, dominé par ses pièces pour orgue comme Litanies ou Le Jardin suspendu, cette œuvre occupe une place plus modeste, révélatrice pourtant de sa curiosité pour d’autres formations instrumentales. Peu diffusée à l’époque, faute d’une reconnaissance immédiate, elle doit sa

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