
Credo / Jaap van Zweden #4
Auditorium · Paris

Soliste
Né à Montréal en 1967 avant de s'installer très jeune en France, Jean-Guihen Queyras grandit dans une atmosphère propice à la curiosité intellectuelle. Son parcours académique le mène du Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon jusqu'à la Juilliard School de New York, en passant par Fribourg. C'est cependant sa rencontre avec Pierre Boulez qui agit comme le véritable séisme fondateur de sa vie artistique. Engagé comme violoncelliste solo au sein de l'Ensemble Intercontemporain, il passe dix ans au cœur du laboratoire de la création musicale du XXe siècle. Cette immersion rigoureuse auprès des plus grands compositeurs de notre temps (Ligeti, Kurtág, Boulez lui-même) forge chez lui une discipline de lecture chirurgicale, une plasticité rythmique infaillible et une absence totale de préjugés esthétiques qu'il appliquera par la suite à tout son répertoire. Lorsqu'il déploie ses ailes en tant que soliste international, Jean-Guihen Queyras impose immédiatement une signature sonore unique : un timbre d'une clarté de cristal, un phrasé d'une évidence déarmante et un refus du vibrato lourd ou du pathos romantique surchargé. Sa discographie chez Harmonia Mundi témoigne de cette universalité souveraine. S'il grave des versions de référence des concertos de Dvořák, Elgar ou Schumann, il révolutionne également l'approche des chefs-d'œuvre contemporains (comme les concertos de Ligeti ou de Gilbert Amy). Son enregistrement des Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach, accompagné d'un DVD où il dialogue avec la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, est salué dans le monde entier comme un sommet d'épuration spirituelle et de lisibilité polyphonique. Chambriste passionné, il conçoit la musique comme une conversation démocratique de haut vol. Qu'il unisse son archet à ceux d'Isabelle Faust et Alexander Melnikov pour réinventer les trios de Schubert et de Beethoven, ou qu'il s'aventure hors des sentiers battus de la musique occidentale en collaborant avec les maîtres des percussions persanes Keyvan et Bijan Chemirani, Queyras cherche sans cesse à décloisonner l'écoute. Pédagogue profondément généreux à la Hochschule de Fribourg, il s'attache à transmettre à ses élèves cette souplesse stylistique totale. Installé au pupitre avec son précieux violoncelle Gioffredo Cappa de 1696, Jean-Guihen Queyras incarne magnifiquement la figure du musicien-chercheur moderne, pour qui la rigueur historique et l'audace créatrice ne forment qu'un seul et même élan poétique.
Les dates à venir où cet artiste est programmé.

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