
Dernière mise à jour il y a 20 h
Entre Jiří Kylián et le Ballet national de Norvège, c’est une histoire longue de plus de trente ans de collaboration. La compagnie compte à son répertoire près d’une vingtaine de ses pièces. Pour célébrer ce long compagnonnage, le Ballet et sa directrice Ingrid Lorentzen proposent en cette fin de saison un programme « Celebrating Kylián» avec pas moins de cinq pièces du chorégraphe tchèque. Mémoires d’Oubliettes est une réflexion sur le temps, la mémoire et l'oubli. Au Moyen Âge, les « oubliettes » étaient de minuscules cachots où l’on enfermait des gens voués à l’oubli. Kylián utilise cette métaphore pour illustrer comment les souvenirs peuvent s'évanouir ou se déformer. Sweet Dreams s'inspire d'une peinture du peintre René Magritte. Ici, Kylián explore le rapport entre réalité et illusion, créant un paysage scénique régi par la logique des rêves. Sur une musique d'Anton Webern, l'œuvre joue avec la perspective et les proportions, laissant place à l'absurde – toujours avec un humour sous-jacent. Dans Petite Mort (expression française désignant l'orgasme), six femmes et six hommes alternent duos et séquences évoquant l’éternel confrontation d’Eros et Thanatos sur des extraits de deux des concertos pour piano les plus populaires de Mozart. No More Play s'inspire d'une petite sculpture d'Alberto Giacometti : un jeu de société légèrement déformé, composé de deux pièces en bois aux formes humaines. « Mais à mesure qu'on commence à jouer à ce jeu mystérieux, on en apprend les règles – parfois trop tard », selon Kylián lui-même. Le peintre de la Renaissance Giuseppe Arcimboldo est célèbre pour ses portraits extraordinaires composés de fruits, de fleurs et d'objets du quotidien. Dans Arcimboldo, Kylián réunit des dizaines de danseurs dans un univers ludique et visuellement riche, empreint d'humour, d'absurdité et de réflexions sur les cycles de la vie.

1 905 places

Situé sur la prestigieuse avenue Montaigne (et non sur l'avenue des Champs-Élysées elle-même), le Théâtre des Champs-Élysées (TCE) est un jalon fondamental de l'histoire de l'architecture moderne et de la musique du XXe siècle. Construit en béton armé par Auguste Perret (qui réalisera quinze ans plus tard la Salle Cortot), le bâtiment frappe par sa façade rectiligne et épurée en marbre blanc, ornée de superbes bas-reliefs en marbre d'Antoine Bourdelle. À l'intérieur, la Grande Salle (une salle à l'italienne revisitée aux lignes géométriques et épurées) est surmontée d'une magnifique coupole peinte par Maurice Denis représentant l'histoire de la musique. Le complexe abrite également deux autres salles plus petites : la Comédie des Champs-Élysées et le Studio des Champs-Élysées. Le Théâtre des Champs-Élysées est entré à jamais dans la légende de la musique occidentale le 29 mai 1913 (quelques semaines seulement après son inauguration) lors de la création mondiale du Sacre du printemps d'Igor Stravinsky par les Ballets russes de Serge de Diaghilev, sous la direction de Pierre Monteux. La partition révolutionnaire et la chorégraphie provocatrice de Vaslav Nijinski y déclenchèrent l'un des plus grands scandales de l'histoire de l'art, marqué par des insultes et des bagarres mémorables dans la salle. Le théâtre a également été le temple du jazz à Paris en accueillant la légendaire revue de Joséphine Baker en 1925. Aujourd'hui, le TCE est une scène privée internationale majeure qui se distingue par une programmation d'une immense exigence, ne disposant pas de troupe permanente mais accueillant les plus grands artistes du monde. Il s'articule autour de trois piliers : - L'Opéra : Présenté en version scénique (mises en scène souvent audacieuses) ou en version de concert, avec une prédilection pour les opéras de Mozart, de Rossini, de Haendel et le répertoire baroque. - Les Concerts Symphoniques et Récitals : C'est la résidence parisienne historique de l'Orchestre National de France et de l'Orchestre de chambre de Paris. Il accueille également les tournées des plus prestigieux orchestres philharmoniques mondiaux (Vienne, Berlin, New York) et les plus grands pianistes et chanteurs de la scène internationale. - La Danse : Il demeure un lieu incontournable pour le ballet classique et les compagnies de danse contemporaine du monde entier. Sur le plan acoustique, l'utilisation pionnière du béton armé combinée aux formes de la salle confère au théâtre un son d'une clarté, d'une sécheresse analytique et d'une projection exceptionnelles. Les voix lyriques s'y déploient avec beaucoup de présence et les orchestres y sonnent de manière très directe et dynamique.









