Autre
Composées au cours de l'année 1849 — une période d'une productivité pourtant frénétique pour le compositeur malgré l'aggravation de ses troubles d'anxiété —, les Fantasiestücke Op. 73 étaient initialement destinées à la clarinette, mais Schumann lui-même en édita immédiatement des versions alternatives pour l'alto et le violoncelle. Conçues à l'origine sous le titre de Soiréestücke (Pièces de soirée), ces trois miniatures durent être jouées d'un seul élan, la fin de chaque morceau préparant subtilement l'atmosphère et la tonalité du suivant. Le recueil brille par l'extrême plasticité de son écriture et sa fluidité mélodique. La première pièce installe une mélancolie rhapsodique et rêveuse typique d'Eusebius, le double introspectif de Schumann. Le deuxième mouvement apporte un contraste immédiat par son caractère enjoué, léger et badin, construit sur un dialogue permanent et aérien entre l'instrument soliste et le piano. La troisième pièce rompt définitivement le calme initial en déchaînant une impétuosité dramatique et virtuose, menant l'œuvre vers une conclusion incandescente et d'un dynamisme jubilatoire.