L'année 1853 marque la toute dernière période de composition de Clara Schumann, juste avant que le destin de son époux ne bascule tragiquement. Ces Trois Romances ont été écrites pour le jeune violoniste virtuose Joseph Joachim, avec qui Clara venait de se lier d'une amitié indéfectible. Le duo fit d'ailleurs sensation en les interprétant à travers toute l'Europe lors de tournées triomphales, s'attirant notamment les louanges du roi Georges V de Hanovre, subjugué par la beauté de ces pages. La première romance s'ouvre sur un thème d'une tendre nostalgie pathétique, mâtiné de subtiles pointes d'humour tsigane, avant de s'éteindre dans une coda sereine. Le mouvement central, un Allegretto fluide, charme par son balancement délicat, son sens inné de la conversation de chambre et ses arabesques pianistiques raffinées. L'œuvre s'achève sur un morceau d'une virtuosité ardente et passionnée, où la mélodie de l'instrument à cordes glisse magnifiquement sur un flot ininterrompu d'arpèges de piano, rappelant que Clara était l'une des plus immenses pianistes de son siècle.