Version ballet par Thierry Malandain

Dernière mise à jour il y a 28 j
L’Amour Sorcier L’Amour Sorcier se déroule chez les gitans d’Andalousie, dans une atmosphère de superstition et de sorcellerie. On y voit l’amour de Candelas et Carmelo troublé par l’apparition du spectre d’un jeune homme qui jusqu’à sa mort était le fiancé de Candelas. Le maléfice sera définitivement rompu lorsque Candelas parviendra à détourner l’attention jalouse du revenant vers une autre jeune fille. En rapprochant les morts des vivants, cette légende recouvre d’autres récits traditionnels, tels ceux relatant l’invitation de défunts aux rituels célébrant l’avènement du printemps. Des cérémonies qui dans leur fonction de régénération du monde, utilisent le feu comme symbole de la suprématie de la lumière sur les ténèbres. Ce que rappelle la danza ritual de fuego composée par Manuel de Falla pour éloigner l’esprit jaloux et permettre à Candelas de vivre à la lueur d’un nouvel amour. À la suite de quoi le revenant se détachera d’elle pour convoler en noces funèbres avec une jeune fille sacrifiée. Sans dépouiller pleinement l’Amour Sorcier de son pittoresque andalou, c’est au cycle perpétuel de la mort et de la vie que je me suis attaché. À travers ce choix, et suivant une posture universalisant le propos, les rôles principaux sont en partie interprétés par l’ensemble des danseurs. Enfin, la scène est recouverte de pétales couleur de cendre. Des roses noires que l’amour a fuies, avant qu’il ne revienne. Thierry Malandain. Coproduction Grand Théâtre de Luxembourg, Teatro Victoria Eugenia de San Sebastián, Opéra Théâtre de Saint-Étienne, Grand Théâtre de Reims, L’Onde de Vélizy-Villacoublay, Opéra de Vichy, Les Amis de Malandain Ballet Biarritz, Malandain Ballet Biarritz Afficher plus Don Quichotte Dans Don Quichotte, c’est la matière philosophique de Cervantès qui m’inspire, et dont je propose une lecture abstraite et sensible. Il ne s’agit pas d’en raconter le récit, mais d’en faire vibrer l’énergie : la puissance du rêve, le désir de vivre autrement, le combat à la fois dérisoire et sublime contre le réel. Chez Cervantès, le chevalier à la triste figure se dresse contre un monde désenchanté, régi par la raison et l’ironie, où l’idéal n’a plus de place. À travers les plaines de la Manche, son voyage est autant géographique qu’intérieur : une traversée spirituelle où chaque pas dans la poussière fait vaciller la frontière entre illusion et vérité. Ce mouvement résonne pour moi comme une métaphore du chemin de l’artiste – un aller-retour constant entre le monde et soi, entre le réel et l’imaginaire. Il est souvent admis que ce que Don Quichotte affronte vraiment, au-delà des moulins, ce sont les frontières invisibles de sa quête de justice, et ce besoin irrépressible de réenchanter le monde. Au cœur de cette lutte brûle un amour irréel, sans visage, moteur de courage et refuge d’espérance. Dans cette figure, je reconnais celle de l’artiste, habité par ses visions, souvent seul face à l’incompréhension du monde, mais toujours porté par la nécessité de créer. Comme Don Quichotte, il persiste à croire en la beauté, en la poésie, en la force du geste. Cet élan vital, fragile et obstiné, traverse la pièce comme une méditation sur la condition de l’artiste : entre lucidité et utopie, entre solitude et foi en l’art. Y est célébrée cette obstination à croire, à aimer, à se battre contre le réel – non par naïveté ni héroïsme, mais par nécessité. Don Quichotte est ma troisième création pour le Ballet Biarritz, mais la première portée par la conscience de ma future responsabilité à sa tête. Cette perspective donne une intensité nouvelle à une question intime : comment continuer à rêver, à aimer, à créer, lorsque le poids du réel se fait plus présent ? Comment garder vivante la folie essentielle à l’art sans en perdre la mesure ? Martin Harriague. Succédant à Thierry Malandain, Martin Harriague prendra la direction du CCN Ballet Biarritz, à compter du 1er janvier 2027. Depuis l’annonce de cette nomination à l’été 2025, les équipes du Ballet œuvrent main dans la main avec les deux chorégraphes pour préparer cette nouvelle étape. Ce programme partagé L’Amour sorcier / Don Quichotte célèbre la rencontre des univers de ces deux créateurs. Deux évocations d’une Espagne fantasmagorique se répondent : l’une, charnelle et tellurique, s’élève d’une terre de poussière et de cendres ; l’autre, lumineuse et insensée, s’élance portée par le vent du rêve. Dans L’Amour sorcier, Thierry Malandain fait surgir le spectre d’un amour qui refuse de mourir, prisonnier de sa passion. Et dans cette ronde de vie et de roses noires, traces d’un feu éteint, c’est l’humanité entière qui cherche sa délivrance, entre mort et désir. Dans Don Quichotte, Martin Harriague suit la trace d’un homme qui se bat contre le réel, guidé par un amour sans visage et par la foi obstinée en la beauté. Sous la folie du chevalier se devine la solitude de l’artiste, porté par la nécessité collective irrépressible de croire, d’imaginer, de créer. Deux écritures, deux élans vitaux comme deux visages d’une même Espagne intérieure, mystique et ardente. Au cœur de ces deux œuvres brûle la même certitude : l’envie d’aimer est irrépressible, et le courage d’aimer, malgré soi, demeure le plus grand des gestes humains.
Version ballet par Thierry Malandain
Entracte

650 places

Situé à l'extrémité de l'aile du Nord du Château de Versailles, l'Opéra Royal est le plus grand théâtre de cour du monde lors de sa construction. Sa réalisation, sans cesse repoussée sous Louis XIV et Louis XV, est finalement achevée par l'architecte Ange-Jacques Gabriel. Inauguré en 1770 pour les festivités du mariage royal, il marque l'apogée du style néoclassique et du faste de l'Ancien Régime. L'illusion visuelle de la salle est totale : bien qu'il semble entièrement fait de marbre, l'édifice est en réalité construit presque exclusivement en bois peint (le faux marbre étant alors considéré comme un raffinement suprême et plus adapté aux contraintes de temps). Sa structure adopte une forme originale d'hémicycle tronqué, et la décoration déploie une harmonie de bleus, de dorures et de miroirs qui rappelle le faste de la Galerie des Glaces. La machinerie d'origine, conçue par Blaise-Henri Arnoult, permettait à l'époque de remonter le plancher de la salle au niveau de la scène pour transformer le théâtre en une immense salle de bal ou de banquet en seulement quelques heures. Après avoir traversé les tourmentes de l'Histoire (il a notamment servi de salle de séances pour l'Assemblée nationale en 1871), l'Opéra Royal a été entièrement restauré et rendu à sa vocation artistique originelle. Géré aujourd'hui par Château de Versailles Spectacles, il est le temple incontournable de : - La redécouverte et la recréation des chefs-d'œuvre de l'opéra baroque français, italien et allemand (Lully, Rameau, Charpentier, Gluck). - Les concerts symphoniques de musique ancienne, les récitals de chant lyrique et les ballets historiques. - Les enregistrements discographiques de haut niveau grâce à son propre label (Château de Versailles Spectacles). Sur le plan acoustique, la construction intégrale en bois fait de cette salle un outil d'une qualité phénoménale, agissant comme la caisse de résonance d'un immense violoncelle. Le son y est exceptionnellement chaleureux, rond et flatteur pour les voix lyriques et les orchestres jouant sur des instruments en cordes de boyau d'époque.

Versailles
Représentation 1 sur 2 · du 5 juin 2027 au 6 juin 2027









