- I.Vif
- II.Modéré
- III.Brazileira

Bourvil, Charles Trenet, ou encore Maurice Chevalier ont la part belle dans ce programme, tout comme le compositeur d’opérettes à succès Francis Lopez qui, en plus d’être l’auteur de La Belle de Cadix et du Chanteur de Mexico, a dirigé le Théâtre du Châtelet au début des années 1970. C’est d’ailleurs à peu près à cette époque qu’Hervé Niquet découvre le Paris des arts et la vie musicale de la capitale dont les célèbres émissions télévisées de Maritie et Gilbert Carpentier offrent un petit aperçu. Hervé Niquet se lie d’amitié avec Madeleine Milhaud, qui lui fait promettre de jouer une œuvre que son mari, Darius, avait composée pour la fête du citron à Menton. Barba Garibo, divertissement sur des thèmes de folklore mentonnais pour chœur mixte et orchestre, est bien l’une des pépites de ce concert placé sous le signe de la fête. Plus qu’une Auberge du Cheval-Blanc, dont des extraits sont aussi au programme, cette soirée promet d’être une auberge espagnole des musiciens amoureux du Théâtre du Châtelet !

2 000 places

Érigé sur la place du Châtelet face à son jumeau (le Théâtre de la Ville) dans le cadre des grands travaux du baron Haussmann, le Théâtre du Châtelet (baptisé à l'origine Théâtre Impérial du Châtelet) était lors de son inauguration la plus grande salle de spectacle de Paris. Conçu par Gabriel Davioud, il impressionne par sa façade à arcades et son architecture monumentale. À l'intérieur, sa Grande Salle se présente comme un majestueux théâtre à l'italienne, couronné par une immense verrière lumineuse au plafond (qui servait autrefois à éclairer la salle au gaz sans étouffer les spectateurs) et orné de superbes fresques. Grandiose mais sans la lourdeur de certaines dorures impériales, le Châtelet a toujours cultivé une atmosphère de fête populaire et d'excellence. Le Théâtre du Châtelet est un lieu d'une importance historique capitale pour la modernité musicale et chorégraphique du début du XXe siècle. C’est ici que Serge de Diaghilev a posé les valises de ses Ballets russes, y créant des chefs-d'œuvre absolus comme Petrouchka d'Igor Stravinsky (1911) ou L'Après-midi d'un faune de Claude Debussy (1912). C’est aussi au Châtelet qu'a éclaté le mémorable scandale de Parade (1917), œuvre révolutionnaire mêlant la musique d'Erik Satie, un texte de Jean Cocteau et des décors de Pablo Picasso. Gustav Mahler y dirigea également son unique concert en France, et Richard Strauss y fit jouer ses opéras. Au fil des décennies, le Châtelet est devenu le temple de l'opérette (avec les triomphes de Luis Mariano), avant de se réinventer magistralement à la fin du XXe siècle sous la direction de Jean-Albert Cartier puis de Stéphane Lissner comme un haut lieu de l'opéra international, de la danse contemporaine (résidence historique du Théâtre de la Ville) et des comédies musicales américaines en version originale (le "Broadway parisien"). Il a également accueilli pendant plus de 15 ans la prestigieuse cérémonie des César du cinéma. Aujourd'hui, après une rénovation majeure, sa programmation audacieuse et grand public met l'accent sur : - Les comédies musicales de standard international (Sondheim, classiques de Broadway et créations). - La danse sous toutes ses formes (du classique aux danses urbaines). - Des opéras mis en scène par des artistes contemporains et des concerts de musiques actuelles, de jazz ou de musiques du monde. - Les grands concerts classiques, notamment à travers sa collaboration historique avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France ou l'Orchestre de chambre de Paris. Sur le plan acoustique, la salle — malgré son volume immense — bénéficie d'une excellente résonance grâce à ses structures en bois sous le velours et sa verrière qui agit comme un magnifique réflecteur. Le son y est généreux, ample et particulièrement adapté aux grandes fresques orchestrales comme aux voix projetées de la comédie musicale et de l'opéra.

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