- I.Adagio – Allegro di molto
- II.Adagio
- III.Menuet & Trio
- IV.Finale

Haydn, Mozart, Schoenberg : trois grands noms issus du terreau musical autrichien. Ce programme mené par Izabelė Jankauskaitė propose de déjouer les définitions qui leur sont communément associées. Ainsi, la Symphonie n° 49, dite « La Passione », rompt avec l’image pétillante de Haydn ; son atmosphère tumultueuse relève du courant préromantique « Sturm und Drang » (« Tempête et passion »). À l’inverse, le dernier Concerto pour piano de Mozart (n° 27) s’éloigne des précédents par sa sérénité. Le jeu limpide d’Aimi Kobayashi souligne son unité de ton et son caractère intime. La Nuit transfigurée constitue quant à elle l’une des premières partitions revendiquées par Schoenberg. Composée au tout début de sa carrière, elle révèle un musicien encore fasciné par les élans romantiques et les harmonies complexes de la fin du xixe siècle. Le compositeur reprend dans cette version de 1943 son orchestration pour cordes.

2 000 places

Érigé sur la place du Châtelet face à son jumeau (le Théâtre de la Ville) dans le cadre des grands travaux du baron Haussmann, le Théâtre du Châtelet (baptisé à l'origine Théâtre Impérial du Châtelet) était lors de son inauguration la plus grande salle de spectacle de Paris. Conçu par Gabriel Davioud, il impressionne par sa façade à arcades et son architecture monumentale. À l'intérieur, sa Grande Salle se présente comme un majestueux théâtre à l'italienne, couronné par une immense verrière lumineuse au plafond (qui servait autrefois à éclairer la salle au gaz sans étouffer les spectateurs) et orné de superbes fresques. Grandiose mais sans la lourdeur de certaines dorures impériales, le Châtelet a toujours cultivé une atmosphère de fête populaire et d'excellence. Le Théâtre du Châtelet est un lieu d'une importance historique capitale pour la modernité musicale et chorégraphique du début du XXe siècle. C’est ici que Serge de Diaghilev a posé les valises de ses Ballets russes, y créant des chefs-d'œuvre absolus comme Petrouchka d'Igor Stravinsky (1911) ou L'Après-midi d'un faune de Claude Debussy (1912). C’est aussi au Châtelet qu'a éclaté le mémorable scandale de Parade (1917), œuvre révolutionnaire mêlant la musique d'Erik Satie, un texte de Jean Cocteau et des décors de Pablo Picasso. Gustav Mahler y dirigea également son unique concert en France, et Richard Strauss y fit jouer ses opéras. Au fil des décennies, le Châtelet est devenu le temple de l'opérette (avec les triomphes de Luis Mariano), avant de se réinventer magistralement à la fin du XXe siècle sous la direction de Jean-Albert Cartier puis de Stéphane Lissner comme un haut lieu de l'opéra international, de la danse contemporaine (résidence historique du Théâtre de la Ville) et des comédies musicales américaines en version originale (le "Broadway parisien"). Il a également accueilli pendant plus de 15 ans la prestigieuse cérémonie des César du cinéma. Aujourd'hui, après une rénovation majeure, sa programmation audacieuse et grand public met l'accent sur : - Les comédies musicales de standard international (Sondheim, classiques de Broadway et créations). - La danse sous toutes ses formes (du classique aux danses urbaines). - Des opéras mis en scène par des artistes contemporains et des concerts de musiques actuelles, de jazz ou de musiques du monde. - Les grands concerts classiques, notamment à travers sa collaboration historique avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France ou l'Orchestre de chambre de Paris. Sur le plan acoustique, la salle — malgré son volume immense — bénéficie d'une excellente résonance grâce à ses structures en bois sous le velours et sa verrière qui agit comme un magnifique réflecteur. Le son y est généreux, ample et particulièrement adapté aux grandes fresques orchestrales comme aux voix projetées de la comédie musicale et de l'opéra.

Paris




Maison de la Radio et de la Musique





