La Symphonie n° 7 en do majeur, op. 105 est l'ultime chef-d'œuvre symphonique de Jean Sibelius, achevé au début de l'année 1924. Créée à Stockholm sous le titre initial de Fantasia sinfonica, elle représente l'aboutissement absolu de la quête de toute une vie du compositeur vers la condensation formelle et l'organicité musicale, parvenant à fusionner la pensée symphonique traditionnelle en un flux temporel unique. L'œuvre se distingue par son architecture révolutionnaire en un seul grand mouvement continu d'une vingtaine de minutes, évoluant de manière totalement fluide et sans la moindre rupture de sections. Le cœur émotionnel et structurel de cette trajectoire est porté par un thème héroïque, solennel et profondément pastoral confié au trombone solo, qui réapparaît à trois reprises à travers des métamorphoses harmoniques et rythmiques d'une plasticité saisissante. Cette Septième Symphonie constitue le testament symphonique de Sibelius, qui choisira peu de temps après de s'enfermer dans un silence créateur quasi total pendant plus de trente ans dans sa villa de Järvenpää. Admirée par les chefs d'orchestre du monde entier pour sa rigueur formelle et sa force spirituelle, elle demeure l'un des sommets de la musique du XXe siècle, ayant redéfini à elle seule les frontières du genre symphonique.