
Royal Concertgebouw Orchestra / Klaus Mäkelä
Philharmonie de Paris · Paris
Énigme monumentale, voyage fantastique de l'ombre vers la lumière et monument d'une suprême probité artistique, la Symphonie n° 7 de Gustav Mahler est sans doute l'œuvre la plus audacieuse, incomprise et fascinante de son corpus symphonique. Souvent délaissée par le passé au profit de la tragique Sixième ou de la grandiose Huitième, elle est aujourd'hui reconnue comme un chef-d'œuvre de modernité absolue, ayant ouvert la voie aux innovations texturales de la Seconde école de Vienne (Schoenberg, Berg, Webern). Loin des élans métaphysiques ou autobiographiques de ses autres symphonies, Mahler conçoit ici un grand voyage nocturne, une exploration des fantasmes, des peurs et des beautés de la nuit. Dans l'écriture, la partition déploie une force cinétique herculéenne et une alacrité rythmique d'une absolue netteté. Mahler pousse l'orchestre symphonique dans ses derniers retranchements avec une clarté texturale chirurgicale : le recours à des instruments populaires comme la guitare et la mandoline brise l'académisme d'école et crée un hédonisme sonore épuré totalement inédit. Les alliages de timbres sont prodigieux, passant de l'ironie mordante et spectrale du Scherzo (avec ses pizzicatos écrasés qui frappent la touche du violoncelle) à une immense pureté vocale instrumentale dans les dialogues de bois des Nachtmusiken. Le finale, quant à lui, impose une urgence organique théâtrale presque ironique, poussant la liesse populaire jusqu'à l'absurde. Interprète pléthorique du grotesque, du rêve et de la jubilation solaire, cette symphonie exige d'un chef d'orchestre une autorité technique superlative et une direction millimétrée des masses sonores pour ne pas sombrer dans le chaos. Le morceau demande à chaque pupitre une virtuosité athlétique et une endurance hors norme pour maintenir la tension formelle sur plus de 80 minutes de ruptures stylistiques continuelles. Objet sonore non identifié du post-romantisme fin de siècle, la Septième Symphonie de Mahler conserve au concert une puissance de sidération scénique superlative.
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Philharmonie de Paris · Paris

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