La Symphonie n° 83 fait partie du prestigieux cycle des six Symphonies parisiennes commandées à Haydn par le Concert de la Loge Olympique, une société de concert d'élite dont l'orchestre, composé des meilleurs virtuoses de l'époque arborant des habits bleu de ciel et une épée au côté, était réputé pour sa puissance et sa discipline technique. Bien que retenu en Autriche au service des princes Esterházy, Haydn jouissait en France d'une immense popularité, et ces symphonies furent conçues spécifiquement pour flatter le goût parisien amateur de grand spectacle orchestral et d'effets dramatiques saisissants. L'œuvre tire son célèbre surnom de « La Poule » d'un motif humoristique et caquetant introduit au premier mouvement par les notes répétées des violons et les contretemps du hautbois, évoquant de manière irrésistible le dandinement d'une volaille. Pourtant, ce caquetage burlesque s'inscrit au cœur d'un mouvement qui s'ouvre de manière farouche et sombre en sol mineur, dans la plus pure veine du style Sturm und Drang. Après un Andante d'une grande noblesse classique et un Menuet pastoral et bondissant, le Finale en sol majeur emporte l'orchestre dans une joyeuse et virtuose chassé-croisé au rythme de gigue, démontrant la maîtrise absolue de Haydn dans l'art de l'ironie structurale et du contraste théâtral.