- I.Allegro
- II.Adagio
- III.Andantino con variazioni

Dernière mise à jour il y a 2 h
Élégante et portée par l’irrésistible alliage du timbre des bois, la Symphonie concertante de Mozart offre la sérénité nécessaire pour affronter le long récit musical de Chostakovitch, plein de drame et de sarcasme, bilan secret du stalinisme. C’est en 1778 que Mozart composa, dans l’esprit renouvelé du concerto grosso, une Symphonie concertante pour un quatuor de bois, qui s’engagent dans un dialogue avec l’orchestre mais aussi entre eux. Densifiée par les nombreuses imitations, l’écriture passe de l’énergie conquérante à la sereine cantilène, avant de s’engager, avec l’étonnant Finale, dans un labyrinthe de brillantes variations. Impressionnante par son intensité dramatique, ses sonorités lugubres et glacées, la Symphonie n° 10 de Chostakovitch fut associée, par le compositeur lui-même, à la mort de Staline : un portrait-charge du dictateur semble être l’objet du Scherzo, caractérisé par une grandeur épique défigurée, impitoyable et piétinante. Le Moderato initial frappe par ses dissonances et stridences paroxystiques, brisées par l’élan d’une valse ironique. Dans les deux amples derniers mouvements, Chostakovitch fait intervenir, en guise « d’idée fixe », un motif mélodique fondé sur ses initiales, « DSCH », comme pour inscrire dans sa musique son propre rapport, contradictoire et torturé, à l’ère stalinienne : c’est lui qui retentit à la péroraison, vigoureusement épelé aux timbales, pour prendre congé de l’auditeur abasourdi.
Entracte

2 400 places

La Grande salle Pierre Boulez est le cœur battant du bâtiment futuriste de la Philharmonie de Paris, imaginé par Jean Nouvel au cœur du parc de la Villette. Rompant radicalement avec le modèle traditionnel de la salle "en boîte de chaussures" (comme le Musikverein de Vienne), elle intègre un concept architectural et acoustique novateur qui combine les modèles de l'arène "en vignoble" et de la boîte classique. L'exploit réside dans ses balcons suspendus qui semblent flotter dans l'espace, créant une atmosphère d'une poésie visuelle unique. L'acoustique, d'une perfection absolue, a été développée par les experts Sir Harold Marshall (Marshall Day Acoustics) et Yasuhisa Toyota (Nagata Acoustics). Elle repose sur un volume d'air immense (30 000 mètres cubes) permettant au son de se déployer avec une rondeur exceptionnelle, tandis que des réflecteurs acoustiques mobiles (canopies) et des parois incurvées garantissent une clarté et une présence sonore optimales, même pour les pianissimos les plus délicats. De plus, la distance maximale entre le chef d'orchestre et le spectateur le plus éloigné n'est que de 32 mètres, offrant une intimité rare pour une salle de cette envergure. La salle abrite un orgue monumental de la manufacture Rieger, inauguré en 2016, doté de 91 jeux et 6 055 tuyaux, spécialement conçu pour le répertoire symphonique avec orgue. Cette scène accueille les plus grands orchestres philharmoniques du monde ainsi que ses formations résidentes et associées de premier plan : - L'Orchestre de Paris - Les Arts Florissants - L'Ensemble intercontemporain (fondé par Pierre Boulez lui-même) - L'Orchestre de chambre de Paris - L'Orchestre National d'Île-de-France










