2 h 10

Dernière mise à jour il y a 2 h
S’il est un exploit que réalisa Mendelssohn avec Elias, c’est d’avoir arraché à Berlioz des cris d’admiration ! Il y avait de quoi, tant la partition, par sa somptuosité harmonique et sa richesse, demeure un chef-d’œuvre de l’oratorio romantique. Né dans une illustre famille d’intellectuels juifs, Mendelssohn fut converti au protestantisme par son père à l’âge de sept ans. Il n’en renia pas pour autant ses origines, et c’est ce qui explique sans doute son souhait, après le succès de son oratorio Paulus, de se tourner vers un sujet tiré de l’Ancien Testament, livre commun aux traditions chrétienne et hébraïque. Son choix se porta sur la figure du prophète Elie, qui incarne la transition entre un paganisme idolâtre, symbolisé par les prêtres de Baal, et la foi monothéiste. Grand connaisseur de l’art de Haendel et surtout Bach, il réussit avec Elias la fusion du hiératisme religieux de la musique sacrée avec le lyrisme et la tension dramatique de l’harmonie romantique. La partition, qui accorde une place prépondérante au chœur soutenu par un ample orchestre, comprend d’impressionnants chorals, ainsi que des arias méditatifs « métaphysiques », dans la grande tradition de l’oratorio. La présence de dialogues pleins de fièvre et de scènes d’action suggère pourtant qu’Elias vient remplacer, d’un certain point de vue, l’opéra que Mendelssohn ne devait jamais composer.
2 h 10

2 400 places

La Grande salle Pierre Boulez est le cœur battant du bâtiment futuriste de la Philharmonie de Paris, imaginé par Jean Nouvel au cœur du parc de la Villette. Rompant radicalement avec le modèle traditionnel de la salle "en boîte de chaussures" (comme le Musikverein de Vienne), elle intègre un concept architectural et acoustique novateur qui combine les modèles de l'arène "en vignoble" et de la boîte classique. L'exploit réside dans ses balcons suspendus qui semblent flotter dans l'espace, créant une atmosphère d'une poésie visuelle unique. L'acoustique, d'une perfection absolue, a été développée par les experts Sir Harold Marshall (Marshall Day Acoustics) et Yasuhisa Toyota (Nagata Acoustics). Elle repose sur un volume d'air immense (30 000 mètres cubes) permettant au son de se déployer avec une rondeur exceptionnelle, tandis que des réflecteurs acoustiques mobiles (canopies) et des parois incurvées garantissent une clarté et une présence sonore optimales, même pour les pianissimos les plus délicats. De plus, la distance maximale entre le chef d'orchestre et le spectateur le plus éloigné n'est que de 32 mètres, offrant une intimité rare pour une salle de cette envergure. La salle abrite un orgue monumental de la manufacture Rieger, inauguré en 2016, doté de 91 jeux et 6 055 tuyaux, spécialement conçu pour le répertoire symphonique avec orgue. Cette scène accueille les plus grands orchestres philharmoniques du monde ainsi que ses formations résidentes et associées de premier plan : - L'Orchestre de Paris - Les Arts Florissants - L'Ensemble intercontemporain (fondé par Pierre Boulez lui-même) - L'Orchestre de chambre de Paris - L'Orchestre National d'Île-de-France










