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Il est l’heure de se faire peur : l’Orchestre national d’Île-de-France propose tout un programme où le macabre tient la place centrale, de Saint-Saëns et Dukas à Thomas Adès, en passant par Rachmaninov. Le poème symphonique est un vaisseau particulièrement adapté pour les histoires surnaturelles dont se délecte la fin du XIXe siècle. S’inspirant d’un poème de Cazalis prolongeant le motif artistique de la danse macabre apparu à la fin du Moyen Âge, Saint-Saëns propose une partition pleine d’effets musicaux novateurs. Au tournant du siècle, Dukas s’appuie sur une ballade de Goethe, tandis que Rachmaninov compose L’Île des morts en référence à un tableau d’Arnold Böcklin. Quant à Adès, il tire en 2020 une symphonie de son opéra L’Ange exterminateur, inspiré du film surréaliste culte de Luis Buñuel, où des personnages mondains se retrouvent inexplicablement piégés ensemble lors d’une réception. L’orchestre est dirigé par le chef britannique Courtney Lewis, qui a justement été l’assistant de Thomas Adès au Festival de Salzbourg pour la création de son opéra.
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2 400 places

La Grande salle Pierre Boulez est le cœur battant du bâtiment futuriste de la Philharmonie de Paris, imaginé par Jean Nouvel au cœur du parc de la Villette. Rompant radicalement avec le modèle traditionnel de la salle "en boîte de chaussures" (comme le Musikverein de Vienne), elle intègre un concept architectural et acoustique novateur qui combine les modèles de l'arène "en vignoble" et de la boîte classique. L'exploit réside dans ses balcons suspendus qui semblent flotter dans l'espace, créant une atmosphère d'une poésie visuelle unique. L'acoustique, d'une perfection absolue, a été développée par les experts Sir Harold Marshall (Marshall Day Acoustics) et Yasuhisa Toyota (Nagata Acoustics). Elle repose sur un volume d'air immense (30 000 mètres cubes) permettant au son de se déployer avec une rondeur exceptionnelle, tandis que des réflecteurs acoustiques mobiles (canopies) et des parois incurvées garantissent une clarté et une présence sonore optimales, même pour les pianissimos les plus délicats. De plus, la distance maximale entre le chef d'orchestre et le spectateur le plus éloigné n'est que de 32 mètres, offrant une intimité rare pour une salle de cette envergure. La salle abrite un orgue monumental de la manufacture Rieger, inauguré en 2016, doté de 91 jeux et 6 055 tuyaux, spécialement conçu pour le répertoire symphonique avec orgue. Cette scène accueille les plus grands orchestres philharmoniques du monde ainsi que ses formations résidentes et associées de premier plan : - L'Orchestre de Paris - Les Arts Florissants - L'Ensemble intercontemporain (fondé par Pierre Boulez lui-même) - L'Orchestre de chambre de Paris - L'Orchestre National d'Île-de-France










