
Dernière mise à jour il y a 23 h
Du Danube à la Vltava, deux grands fleuves d’Europe centrale baignent ce concert de leurs eaux puissantes et scintillantes : hédonisme et profondeur viennoise avec Strauss et Beethoven, sérénité épique avec Dvořák. Irrésistible, chatoyant, libérant après de magistraux effets d’attente l’élan irrépressible de la valse, Le Beau Danube bleu offre, avec son orchestration scintillante, la quintessence musicale du mythe de « l’Autriche heureuse ». On reste sur les rives du fleuve, et dans la Vienne musicale, avec le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven, chef-d’œuvre d’une étonnante liberté. Comme si toute contrainte était transcendée dans l’improvisation, il s’ouvre de manière surprenante avec le soliste qui, avec la simplicité d’une tendre convocation, entonne le thème. Plein de sublime douceur, l’Andante offre la mélodie décantée d’une douleur déjà surmontée dans la poésie, alors que le Rondo, brillant, fulmine d’arpèges brisés, lâchant définitivement, avec sa superbe cadence, la bride à la virtuosité. De l’Autriche à la Bohême, il n’y a qu’un pas : le voilà franchi avec l’une des plus sereines compositions de Dvořák, dont les quatre mouvements constituent un hymne à la nature et à la création. L’influence parfaitement intégrée de Brahms et de Tchaïkovski est sensible dans cette Symphonie n° 8 où prédomine l’esprit de la danse, sans que jamais ne s’estompe – remarquable dans l’imposant Finale à variations – la rigueur et la somptuosité de l’écriture.
Entracte

2 400 places

La Grande salle Pierre Boulez est le cœur battant du bâtiment futuriste de la Philharmonie de Paris, imaginé par Jean Nouvel au cœur du parc de la Villette. Rompant radicalement avec le modèle traditionnel de la salle "en boîte de chaussures" (comme le Musikverein de Vienne), elle intègre un concept architectural et acoustique novateur qui combine les modèles de l'arène "en vignoble" et de la boîte classique. L'exploit réside dans ses balcons suspendus qui semblent flotter dans l'espace, créant une atmosphère d'une poésie visuelle unique. L'acoustique, d'une perfection absolue, a été développée par les experts Sir Harold Marshall (Marshall Day Acoustics) et Yasuhisa Toyota (Nagata Acoustics). Elle repose sur un volume d'air immense (30 000 mètres cubes) permettant au son de se déployer avec une rondeur exceptionnelle, tandis que des réflecteurs acoustiques mobiles (canopies) et des parois incurvées garantissent une clarté et une présence sonore optimales, même pour les pianissimos les plus délicats. De plus, la distance maximale entre le chef d'orchestre et le spectateur le plus éloigné n'est que de 32 mètres, offrant une intimité rare pour une salle de cette envergure. La salle abrite un orgue monumental de la manufacture Rieger, inauguré en 2016, doté de 91 jeux et 6 055 tuyaux, spécialement conçu pour le répertoire symphonique avec orgue. Cette scène accueille les plus grands orchestres philharmoniques du monde ainsi que ses formations résidentes et associées de premier plan : - L'Orchestre de Paris - Les Arts Florissants - L'Ensemble intercontemporain (fondé par Pierre Boulez lui-même) - L'Orchestre de chambre de Paris - L'Orchestre National d'Île-de-France










